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Museomix, cultures geek, cultures open source et surtout … amour de la culture

Une semaine après avoir participé à Museomix, je me sens d’attaque de vous faire un petit compte rendu de l’événement technoculture. Un moment exceptionnel, magique, humain, angoissant … les qualificatifs manquent pour témoigner de l’expérience vécue, de la magie qui s’est opérée pendant ces jours qui parurent des minutes, des secondes. Sentir le temps s’étioler à mesure que l’idée prend forme, voir les frontières entre l’onirisme et le concret s’affranchir par la simple volonté d’un groupe d’individus qui ne se connaissaient pas, vivre l’expérience c’est faire vivre, l’espace d’un instant, la culture, la sentir s’animer, s’extraire d’un mutisme morose que l’on rencontre trop souvent dans les musées. 

Museomix ? 

Museomix est, pour vulgariser, une sorte de challenge dont l’objectif est de créer des prototypes numériques permettant de remixer certaines expositions, certains lieux. Le point essentiel et différenciateur de cette manifestation est qu’elle se déroule directement sur le lieu, au contraire des startups weekend et autres compétitions qui peuvent se faire n’importe où pourvu que l’on dispose d’outils adéquats. Ici, vous devez faire corps avec ce qui vous entoure, l’introduire dans vos idées, l’immiscer dans vos idées, car le musée est la composante première de votre recette « technoculturelle ». C’est à vous de trouver l’alchimie qui permettra au golem statique de s’animer, comme réveiller les fantômes du passé pour qu’ils nous enseignent que l’histoire n’est qu’un cycle, ou encore comme créer un studio cinéma de stop motion

« Un peuple qui ignore son passé se condamne à le revivre » Churchill. 

Le point de départ des réflexions est que les musées sont trop statiques, ce sont donc aux gens de faire les musées, des les rendre plus interactifs, et donc, plus attractifs. People make museum ! 

Pour cela, plusieurs équipes sont donc formées selon leurs aspirations, des gens qui ne se connaissent pas à la base, pour penser et créer un prototype … en moins de trois jours. Ils sont pour cela « aidés » par un FabLab installé directement sur le site, des geeks en puissance qui répondent aux besoins spécifiques des participants (si Cédric tu me lis, chapeau pour ton investissement) et peuvent même fournir des technologies incroyables comme des tables tactiles, des iPad ou même des imprimantes 3D par exemple. Pour nous, ce fut carrément … une table tactile (merci Michael au passage). 

À Québec, car la compétition était également présente en Angleterre et en France, chaque équipe se composait d’un graphiste, d’un communicant, d’un historien, d’un développeur, d’une personne du musée, d’un vidéaste … etc. Une palette de profils qui viennent se compléter à différents niveaux pour créer quelque chose : une idée, un concept, un prototype. Nous étions accompagnés d’une personne pour nous motiver, nous orienter dans nos choix, et étions tous les jours confrontés au jugement implacable des sages pour pousser nos réflexions plus loin (photo).

Bref, à Muséomix, les équipes sont entourées de pléthore d’acteurs qui vont les orienter sans jamais s’immiscer, leur donner un coup de main sans jamais faire le travail. C’est votre idée, c’est votre projet, mais quelques éclairages sont bienvenus sur ce court laps de temps. 

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Le sens même de la communauté

Ce qui est intéressant dans Museomix, c’est la force de sa communauté qui permet au concept de se décliner et donc de s’essaimer sur le globe. Au début, un seul musée accueillait la manifestation, trois ans après, c’était six établissements, en France, en Angleterre et au Canada … en même temps. J’ai eu la chance de poursuivre la discussion avec Julien Dorra, qui est aux origines de l’événement devant une bonne pinte (et café pour le monsieur). Pour lui, à part centraliser le tout au travers d’un conseil, d’un site Web et d’outils médias sociaux afin de créer une certaine homogénéité aux nombreux Museomix, la principale force de cette manifestation est justement le phénomène de réappropriation. 

N’importe quel participant peut à son tour dire : « Je vais faire un Museomix », à condition qu’un musée accepte de l’accueillir évidemment. Pour Julien, l’idée est d’éviter de s’attribuer toute paternité, de ne pas avoir une seule tête pensante pour tout gérer ce qui cloisonnerait trop la liberté de créer, de diffuser et qui également mettrait des barrières à son succès auprès d’autres cultures (il faut adapter le concept). Il prend pour exemple Linux, dont la principale force était que la communauté pouvait créer son propre OS à partir du code source. Affranchir les barrières originelles, en faisant en sorte que tout le monde devienne une sorte de géniteur, est le propre d’une certaine philosophie que je ne peux que saluer (comme Wikipédia par exemple).  

Museomix, c’est donc avant tout une question de culture : culture geek, culture open source et surtout … amour de la culture.

Merci aux organisateurs, au musée de la civilisation et à la ville pour ce magnifique projet qui fera, je l’espère, des petits.  

Retour d’expérience

J’ai fait très fort pour mon premier Museomix. Grâce au Tylenol, j’ai fini aux urgences le jeudi soir pour une crise de tachycardie, et je suis sorti le vendredi matin à 6h pour commencer la compétition … à 8h. En trois mots : rock and roll. Parce que Museomix, c’est vraiment une compétition, vous arrivez le matin tôt et vous repartez le soir tard. Autant dire qu’il faut avoir un peu dormi dans la semaine, que le café soit votre ami et surtout que vous sachiez garder votre bonne humeur. 

J’ai réussi à récupérer la salle que je désirais, celle des contes de fées, un espace où les enfants viennent se costumer et jouer dans un décor un peu trop plat à mon goût. Il fallait donc le remixer, émerveiller les bambins ! Coup de chance, mon équipe était vraiment excellente, de bonnes idées et une bonne complémentarité avec des individus que je ne connaissais pas, qui je n’avais jamais vues, mais qui ont fait un pendant trois jours. C’est incroyable ce que l’on peut réaliser en si peu de temps avec des inconnus uniquement par passion pour la culture, des technologies : cela vous donne une force incommensurable … et même quelques ratés.  

  • Première idée : connecter la Kinnect de Microsoft pour créer un conte immersif où l’enfant pourrait se balader, frapper des dragons etc … Le samedi matin le couperet tombe, notre développeur est toujours en train de télécharger les logiciels, il faut abandonner l’idée. Nous venons de perdre presque un jour sur les deux  et demi. Néanmoins, Aaron, un ingénieux venu du Fablab nous a livré un début d’animation dont nous pourrons nous resservir par la suite, donc nous gardons espoir. 
  • Deuxième idée : mettre des QR codes sur des objets, les cacher partout pour que les jeunes les découvrent et qu’ils les scannent avec un iPad : ce dernier leur offrant une énigme afin de poursuivre leur quête. Notre développeur n’est pas à l’aise avec les applications, et télécharger de nouveaux logiciels risque de nous ramener à notre premier problème.
  • Troisième idée : créer une scénographie, c’est-à-dire embellir la salle pour améliorer l’immersion. Car ce qui est bien à Museomix, c’est que vous accédez à l’inaccessible du musée, aux salles cachées où normalement seuls les employés peuvent avoir accès (je n’ai pas trouvé l’Arche d’Alliance au passage). Aussi nous pouvions fouiller dans certaines réserves pour dénicher des matériaux, demander aux employés de nous découper des planches de bois et autres … Nous installons également un écran géant grimé en scène de théâtre relié à un projecteur, lui-même relié à un macmini. Nous créons un site Web et reprenons l’idée des objets cachés partout. Ces derniers seront accompagnés de symboles, comme une araignée, un dragon, qui pourront être entrés sur le site pour accéder à l’énigme suivante. Yea, c’est bon. Grâce au FabLab, nous avons une liberté totale, ce qui est fortement apprécié. 

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Le dimanche matin, nous décidons d’essayer de relier un iPad au Mac-mini car entrer les symboles avec une souris est un peu … désuet à l’heure du tactile. Alors que nous perdions espoir, faute de trouver un Apple TV, Michael du FabLab nous propose de relier carrément une table tactile au Mac-mini. Génial, tout simplement. C’est ça Museomix, vous croyez que tout est perdu et un type arrive avec un croissant et un café, de manière nonchalante, juste pour dire bonjour et vous dit qu’il lui reste une table tactile dans un coin. Assez drôle.  

Le dimanche après-midi, les enfants débarquent avec leurs parents pour découvrir les prototypes, c’est un peu le grand saut …  Mais quel bonheur de les voir courir partout et crier les codes à leurs parents pour accéder aux énigmes suivantes, de chercher les plaques dissimulées un peu partout. Mission accomplie chef !

Voici la vidéo du projet réalisé un peu après qui vous donnera un aperçu du travail réalisé (vous remarquerez sur certains plans que je porte encore le bracelet des urgences, c’est dire que nous avons eu très peu de temps pour nous reposer). N’oubliez pas que nous avions trois jours, et nous vous attendons pour la suite. 

MUSÉOMIX Québec 2013 – Il était mille fois from Pammy Poppins on Vimeo.

Photos, cc Pamela :)

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